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Dans la série des phonèmes archétypaux, aR et aB sont des phonèmes directs, c'est à dire apparus parmi les plus anciens où ils sont au huitième et neuvième rang probable d'après l'application par M. Locquin de la théorie des catastrophes de R. Thom au langage.Après R. Thom, suivant M. Locquin puis R. Saban, aR est un ombilic parabolique, qui qualifie une structure qui perce et qui lie, autrement dit une autorité, (un dirigeant ou un témoin), alors que aB est une catastrophe d'excision, qui coupe et qui sépare, c'est à dire qui qualifie une structure séparée donc différente, (distinguée, ou particulière).
Pour rechercher les conséquences polysémiques des significations archétypales, prenons comme premier exemple le mot "Arabe". Il se décompose en aR aB, ce qui donne comme signification archétypale venue d'un lointain passé: autorité différente (ou dirigeant distingué ou témoin particulier).
Dans toutes les langues les consonnes, ci-après notées en lettres capitales, sont les lettres phonétiquement signifiantes principales, les voyelles, notées en minuscules, intervenant pour moduler les sons. Autour du di-phonème aRaB, voici combinées avec 6 voyelles, a, e, i, o, u, ou, eu, les variantes phonétiques du mot pouvant induire des polysémies:
aR aB - aR eB - aR iB - aR oB - aR uB - aR ouB
eR aB - eR eB - eR iB - eR oB - eR uB - eR ouB
iR aB - iR eB - iR iB - iR oB - iR uB - iR ouB
oR aB - oR eB - oR iB - oR oB - oR uB - oR ouB
uR aB - uR eB - uR iB - uR oB - uR uB - uR ouB
euR aB - euR eB - euR iB - euR oB - euR uB - euR euB
ouR aB - ouR eB - ouR iB - ouR oB - ouR uB - ouR ouB
Comme les deux consonnes B et P sont équivalentes du point de vue archétypal, on peut compléter ce tableau avec:
aR aP - aR eP - aR iP - aR oP - aR uP - aR ouP
eR aP - eR eP - eR iP - eR oP - eR uP - eR ouP
iR aP - iR eP - iR iP - iR oP - iR uP - iR ouP
oR aP - oR eP - oR iP - oR oP - oR uP - oR ouP
uR aP - uR eP - uR iP - uR oP - uR uP - uR ouP
euR aP - euR eP - euR iP - euR oP - euR uP - euR euP
ouR aP - ouR eP - ouR iP - ouR oP - ouR uP - ouR ouP
Cela donne en tout 74 diphonèmes, phonétiquement apparentés. Repérons ceux qui ont une signification en arabe ou en français, nous avons retenu:
arabe qui est le nom des habitants de la péninsule arabique,
Arab qui est le nom d'une ville en Syrie,
Arab qui est le nom d'une ville en Jordanie,
Arab qui est le nom d'une ville en Iraq,
Arab qui est le nom d'une ville en Iran,
Arab qui est le nom d'une ville au Soudan,
Erap qui est le nom d'un lieu en Haute Guinée,
Orab qui est le nom d'une ville en Namibie,
Europe qui est le nom de notre continent.
La polysémie issue du diphonème archétypal aRaB est remarquable. Elle apparait dans ces neuf toponymes, autrement dit qualificatifs de lieux différents, situés dans des régions géographiques distinctes et parfois éloignées.
A première lecture on peut se poser la question: que vient faire le toponyme "Europe" dans cette suite ? Souvenons nous que d'après la mythologie antique, Europe fut en Grèce, une belle mortelle aimée de Zeus. Ce Dieu, métamorphosé en taureau blanc, l'enleva et la conduisit en Crète où elle donna naissance à Minos. L'étymologie archétypale aR aB du nom "Europe", nous révèle que cette belle mortelle fut sans doute une belle arabe ayant une autorité différente de celle des grecs, dont le nom, de ce fait, a traversé les siècles, en perdurant pendant trois millénaires dans la conscience de centaines de millions d'européens.
Paris le 30 Mai 1998