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L'INTÉGRATION SOCIETALE EDUCATIVE
D UNE CULTURE DE PAIX FACE A UNE CULTURE DE GUERRE
par
Marcel V. Locquin
AVANT-PROPOS
Les changements profonds que nous vivons actuellement au sein de notre société planétaire sont la conséquence immédiate et médiate des découvertes faites en physique pendant la première moitié de notre siècle et qui ont valu 11 prix Nobel à leurs auteurs. Jamais dans l'histoire de l'humanité les hommes n'ont fait un aussi grand bon conceptuel en avant, créant ainsi, sans le savoir, une tectonique mouvante des plaques géopolitiques. Nous sommes actuellement en équilibre quelque peu chaotique sur une ligne de fracture qui s'élargit entre territoires géopolitiques, auparavant maintenus en équilibre dynamique par une politique mondiale de peur de guerre nucléaire.
Du fait de cette rupture géopolitique, nous voguons sur la ligne de fracture qui sépare un ancien monde et un nouveau monde politique construit inconsciemment par nous, autrement dit nous tendons progressivement de sortir d'une culture de guerre pour accéder à une culture de paix.
Depuis la première moitié du siècle, trop peu d'hommes de science ont eu à coeur, non seulement d'assimiler les fondements des découvertes physiques dans leurs pratiques de recherche en général trop monodisciplinaires, mais également ils ont oublié trop souvent de faire connaître à l'ensemble de la société qui les finance, les résultats de leurs recherches, avec leurs imprécisions, leurs doutes et leurs risques, dans un langage accessible à tous, aux fins d'instituer un débat démocratique sur ces sujets.
Prenant la place des certitudes scientifiques autoproclamées du passé devenues obsolètes, de nouvelles apparaissent et s'épanouissent dans notre tissu social, sans que la plupart des hommes de science en soient conscients. De ce fait, nos décideurs basent leurs décisions sur des arguments devenus caducs depuis au moins un demi siècle.ARTS et LETTRES
Abraham Moles écrivait en 1986: "Il n'y a pas de différence fondamentale entre l'homme dit "de science" et l'homme tout court; peut-être des différences de degré, et surtout des différences de situation. Tout orgueil péremptoire de celui qui se qualifie (ou que ceux qui l'entourent qualifient) "d'homme de science" - sous entendu des "sciences de la nature",: le physicien, le chimiste, etc. - orgueil par lequel ce dernier se prétendrait plus "rationnel" ou plus "sérieux" que les autres, n'est qu'une suffisance, facilement acceptée, il faut le dire, par le plus grand nombre de gens, y compris par ceux qui sont victime de cette suffisance".
On a coutume de distinguer science et culture, cela est patent dans le sigle maintenant cinquantenaire de l'Unesco. En fait il n'y a aucune différence entre le fonctionnement mental de ceux qui se consacrent aux sciences, aux arts et aux lettres et ce, quelque soit leur culture. C'est une constatation générale qui devrait être connue de tous. La science est partout présente dans les arts et les lettres, et les arts et les lettres expriment et diffusent la science dans toutes les cultures.DOGMES, AXIOMES, PARADIGMES et PRINCIPES
Ces quatre mots, chacun dans leur domaine, dogmes en théologie, axiomes en mathématiques, paradigmes en sciences physico-chimiques, principes en sciences humaines et sociales, désignent de prétendues vérités fondamentales, nécessaires pour fonder nos discours dans tous les domaines que nous abordons. Mais ils sont tous logiquement indémontrables, ce qui en fait, rationnellement parlant, des mythes.
Remarquons que, jamais au fil des temps, un axiome, un paradigmes ou un principe ne disparaissent complètement. Ils sont englobés dans un axiome, un paradigme ou un principe plus vastes. Par exemple nous utilisons toujours le système décimal, quoique exprimé par le binaire de nos ordinateurs et la mécanique Newtonienne est toujours efficace aux vitesses non relativistes.
La pratique scientifique contemporaine internationale, dans son immense majorité, ne prend pas en compte dans ses applications, principalement en sciences humaines et sociales, les acquis théoriques et expérimentaux de la physique relativiste et quantique découverts et formalisés pendant la première moitié de notre siècle. De ce fait, les discours de la plupart des hommes de sciences contemporains sont déconnectés des fondements relativistes et quantiques de leurs propres disciplines. Leurs discours occultent leurs mythes fondateurs implicites et refusent les remises en cause actuellement nécessaires, déduites d'observations et d'expérimentations qui ont valu de nombreux prix Nobel à leurs auteurs depuis le début du siècle, tant est forte la résistance des tenants des mythes dominants des siècles passés. Ceux qui s'y accrochent encore devraient relire les textes fondamentaux exposant les découvertes qui ont valu un prix Nobel à leurs onze auteurs, M. Planck, 1918; A. Einstein, 1921; N. Bohr, 1922; L. de Broglie, 1929; W. Heisenberg, 1932; W. Pauli, 1945; F. Zernike, 1953; M. Born, 1954; R. Feynmann, 1965; D. Gabor, 1971; enfin I. Prigogine, 1977.CONDENSÉ COMPARATIF entre:
- les formulations anciennes de dogmes dans une culture de guerre (en italiques)
+ les formulations actuelles les remplaçant en vue d'une culture de paix.Axiomes en Mathématiques
- adoption générale de l'axiome du continu
+ Tout ce qui est matériel est discontinu, voire fractal au sein d'un ensemble fini. Une société est, sur notre planète, un sous-ensemble d'individus, chaque individu est un système d'organes, chaque organe est composé de cellules, elles-mêmes composées d'organites, formés de molécules, assemblages d'atomes, eux-mêmes formés de particules élémentaires. On constate les discontinuité matérielles à chaque niveau, même s'il y a une apparente continuité globale des formes et des fonctions.
- Le calcul différentiel n'a pas une vocation universelle.
+ Le calcul différentiel est exclu d'un univers discontinu ou fractal. car on ne peut tracer une tangente entre des points séparés. Les réunir pour la présentation en une courbe continue n'efface pas la discontinuité essentielle. Ce faisant on extrapole entre deux points correspondant à deux mesures, sans savoir si entre elles il n'y a pas un pic ou une dépression passés inaperçus. Ce faisant on risque de fausser toutes les conclusions interprétatives.
- La linéarité des équations mathématiques appliquées en physique n'est pas générale.
+ Toutes les équations ne sont pas linéaires. Celles qui expriment l'effet laser, comme celles qui servent à construire des fractales en sont des exemples. La linéarité supposée dans une application, induit des extrapolations linéaires qui ne correspondent pratiquement jamais aux réalités biologiques et sociales.
- Univocité prétendue de la flèche du temps.
+ Elle est infirmée par toutes les équations de la physique, ainsi que par les données de la biologie, ce que confirme le paradoxe du vieillard et du nourrisson. Le vieillard en tant qu'individu est le plus vieux, alors que le plus vieux dans l'évolution de la lignée est le nourrisson. La flèche du temps pour le premier est l'inverse de la flèche du temps pour le second. En plus il ne faut pas confondre le temps qui est une donnée métrique et la durée qui est une donnée d'observation ou d'expérience.
- Erreurs introduites par le système décimal dans les calculs scientifiques.
+ Seul le binaire permet des calculs exacts s'il y a de nombreuses réitérations comme par exemple dans la simulation de la théorie du chaos. Si on entre les données de ce qu'on simule en décimal, ce que l'on obtient est le "chaos décimal" généré par la propagation de l'imprécision due à la troncature après le énième chiffre significatif après la virgule et non le chaos physique.Paradigmes en Physico-chimie
- On croit encore que tout peut être observé et expérimenté en un temps et en un lieu donnés.
+ En physique relativiste et quantique, rien n'est localisable simultanément dans l'espace et dans le temps, tant au niveau particularise, qu'atomique ou moléculaire. Comme ce qui nous entoure dans notre vie de tous les jours est entièrement constitué d'assemblages macroscopiques d'objets quantiques microscopiques, on ne peut ignorer que leurs propriétés doivent se manifester au niveau de ce que nous vivons. Le plus bel exemple des productions humaines non localisables et non temporalisables ce sont nos idées, non locales puisque partagées par beaucoup et non temporalisables puisqu'elles sont accessibles en temps différés par les enregistrements et les écritures.
- Compacité et opacité de la matière.
+ La matière est en fait un immense vide peuplé d'atomes très distants, eux-mêmes constitués de particules dites élémentaires, protons, neutrons, électrons, etc.
L'information consubstantielle aux particules n'étant pas matérielle, n'est pas soumise à la contraction spatiale de Lorentz en a déduit Feynmann, elle traverse donc la matière sans atténuation. Les expériences de Zernike et de Gabor que j'ai refaites souvent avec eux, puis sans eux, l'ont clairement démontré. au moins depuis 1953.
- La refus de la cohérence relativiste et quantique a été formulé ainsi par Einstein qui a écrit: "Dieu ne joue pas aux dés".
+ L'expression probabiliste, qui est la conséquence des formulations quantiques dans un espace relativiste quadri-dimensionnel, devient une expression déterministe dans un espace relativisto-quantique hexa-dimensionnel unifié, s'il tient compte des interférences informationnelles de l'environnement expérimental passé, présent et futur avec ce qu'il observe.
Toutes ces méconnaissances ont pour conséquence le fait que "la science dure est devenue étrangère à nos propres développements". Cette affirmation de Federico Mayor, trop peu citée, est fondamentale. Tous nos développements sociaux actuels en souffrent.Paradigmes en génétique moléculaire
- Le dogme de la continuité génétique s'effondre.
+ Mutations somatiques, gènes sauteurs, gènes fluents, gênes valseurs et gènes maîtres, infirment le dogme de la continuité génétique entre les générations successives au sein d'une espèce, qui serait assurée par les gènes du génome de nos gamètes.
- On croit encore le génome uniquement nucléaire.
+ Dans chaque cellule de notre corps il y a environ 2 000 organites nommés mitochondries et chaque mitochondrie contient un brin d'ADN. Ce génome mitochondrial est transmis uniquement par la mère car les spermatozoïdes n'en contiennent pas.
- On pense encore que virus et génome seraient toujours indépendants.
+ Une catégorie de virus, les rétrovirus, sont probablement des morceaux de génome d'une espèce donnée ou voisine, devenus autonomes et qui tendent à s'y réinsérer. Cette tendance rend très difficile la réalisation d'un vaccin ne pouvant agir que sur le virus libre et non sur celui qui se serait réincorporé au génome. N'oublions pas que le virus du sida est un rétrovirus.Paradigmes en Biologie
- On pense trop souvent que l'évolution est toujours continue ce que l'on traduit dans les classifications par des arbres hiérarchiques ou généalogiques.
+ La continuité supposée progressive de l'évolution est une simplification abusive. En effet chaque enfant a deux parents. L'union des parents réunit par fusion deux généalogies distinctes et cela se répète à chaque génération. Les prétendus arbres généalogiques ou évolutifs biologiques sont, de ce fait, plutôt des enchevêtrements en réseau, avec des sauts évolutifs et sans maillons manquants. Lors des grandes étapes de l'évolution il y a souvent des sauts brusques, sans chaînons manquants, comme par exemple lors du passage du serpent à l'oiseau, qu'aucune interprétation adaptative darwinienne ne peut expliquer.
- Le darwinisme sélectif est souvent illustré par la phrase "Je survis parce que je suis le plus apte".
+ En fait Rémy Chauvin dans son livre "Le darwinisme ou la fin d'un mythe" en dénonce l'irréalité et Jacques Castigliola dans son ouvrage "Faut-il brûler Darwin ? ou l'imposture darwinienne", en dénonce les incohérences et les contradictions. Le darwinisme est actuellement remplacé par le co-évolutionisme coopératif, symbiotique, avec équilibre biologique et sociologique, dynamique des contraires.
- La nature abhorre dit-on les contradictions.
+ En fait elle les gère très bien. Tout système vivant est qualifié maintenant d'ago-antagoniste. La valeur d'un système ne peut être appréciée que par rapport à un référentiel extérieur au système qui requiert un métalangage pour le décrire. La vie est faite de contradictions permanentes, équilibrées par des négociations coopératives au sein d'une espèce, comme entre espèces différentes. Les hommes ne peuvent vivre sans oxygène, mais leurs intestins contiennent des milliards de bactéries anaérobiques qui ne peuvent vivre qu'en l'absence d'oxygène. Certaines guêpes ne peuvent faire leurs nids sans la collaboration de fourmis.
"Je pense donc je suis" de Descartes, "Je survis parce que je suis le plus apte" des darwiniens sont des phrases souvent citées comme exprimant des évidences logiques prétendument universelles. Or ces deux phrases n'ont aucun sens. Ce sont des tautologies, des cercles vicieux, car en les renversant elles ont toujours le même sens, alors que la phrase "Marcel est le fils d'André" a un sens puisqu'elle devient absurde si on écrit "André est le fils de Marcel". Pour discourir sur l'être ou sur l'évolution, en évitant les pièges tautologiques, il faut utiliser un langage transdisciplinaire qui permette d'exprimer, en quelque sorte par un métalangage, les conséquences des observations faites d'un point de vue extérieur au champ considéré. Dans le cas précis de l'évolution sociologique par exemple, on aura recours à un langage de physicien relativiste et quantique étendu à la sociologie en passant par la biologie.
- Indépendance du futur et refus de la téléonomie ou pilotage du présent par le futur.
+ "Notre action dépend de notre mémoire du passé, de notre analyse du présent et de notre anticipation du futur" a écrit Ilya Prigogine. En effet le présent est le centre de gravité entre le passé et le futur. Nous sommes construits par notre passé et en partie pilotés par nos futurs possibles. En évoquant une évolution, dire "la Nature l'a voulu ainsi". équivaut à dire "c'est la volonté de Dieu". En changeant "Dieu" en "Nature", les matérialistes prétendent évacuer le concept de transcendance et, sans vouloir l'admettre, ils démontrent ainsi que le concept de Dieu est naturel. Dans les deux cas ils évoquent un mythe fondateur identique et incontrouvable.Principes en Psychologie
- On prône toujours l'universalité de la logique du tiers exclu.
+ Tout événement contient son anti-événement a écrit Stéphane Lupasco en 1932.
La logique dite du tiers exclu, exclut qu'un événement soit à la fois vrai et faux, juste et injuste, passé et futur. Elle n'est pas applicable en biologie ni en sociologie. Le poussin est à la fois dans la poule et dans l'oeuf et la poule est issue de l'oeuf comme l'oeuf est issu de la poule.
- Accessibilité à l'objectivité.
+ Ce que nous percevons de la réalité, ce sont des facettes que l'on nomme réelles. Elles sont différentes pour chacun de nous. De ce fait, vouloir accéder à l'objectivité est un leurre, nous ne pouvons tendre qu'à l'intersubjectivité.
- Les causes précèdent les effets dans le principe de causalité.
+ L'oeuf précède la poule qui précède l'oeuf. Il y a une résonance permanente et des interférences informationnelles génétiques en temps différés entre les deux. Le principe de causalité est abandonné, en biologie comme en physique, pour le principe de résonance.
- L'indépendance "observateur - objet" est un gage d'objectivité.
+ Objet et observateur sont informationellement liés. On agit sur ce qu'on observe et à la suite de la mise en oeuvre expérimentale d'un protocole que l'on a établi et dont on est prisonnier, on ne trouve ainsi que ce que l'on cherche.
- Il n'y a pas, disent certains, d'inconscient collectif.
+ Puisque nous sommes tous au moins partiellement des jumeaux par le langage, et que l'information véhiculée par le langage est immatérielle, la trans-conscience, concept plus réaliste que l'inconscient collectif, prolonge les consciences individuelles en les assemblant puis les intégrant par résonances interférentielles d'échelles alocales et intemporelles .Principes en Linguistique
- Le principe de non contradiction est un des piliers de la logique cartésienne.
+ La vie gère les contradictions permanentes en les équilibrant par la négociation coopérative au sein d'une espèce, comme entre espèces différentes. Les ruminants ne peuvent digérer la cellulose qu'avec la coopération de Protozoaires ciliés présents dans leur panse. Tout système vivant est ago-antagoniste a dit avec justesse Élie Bernard Weil, autrement dit, il équilibre en son sein action et réaction..
- Suprématie prétendue de l'écrit sur la parole.
+ Dix mille ans d'écriture, après plus d'un million d'années de parole, n'ont pu engranger toute la richesse langagière préhistorique et historique. La parole fait évoluer la langue alors que l'écriture la fige.
- Dans l'évolution humaine il n'y a jamais eu et il n'y aura pas de langue unique.
+ Dès les premières migrations humaines, il y a environ un million d'années, les langues se sont diversifiées. L'Homo erectus puis l'Homo sapiens avaient colonisé toute la côte est et nord de l'Afrique ainsi que tout le sud de l'Asie jusqu'à Java, entre -700 000 et -100 000 ans avant nous. Il est impossible, du fait de l'isolement géographique des groupes de populations dans des espaces séparés par des dizaines de milliers de kilomètres, qu'une homogénéité linguistique ait pu perdurer. Actuellement il meurt autant de langues qu'il s'en crée parmi les quelque 5 000 inventoriées. Par exemple l'anglais depuis le milieu de notre siècle, s'écartèle en trois dialectes endogènes et trois exogènes qui deviendront d'ici peu des langues à part entière. D'ores et déjà ces six communautés linguistiques ne se comprennent presque plus. Elles sont centrées à l'ouest sur Oxford, Wall street, le Texas, et à l'est sur le sous-continent indien, le Japon. et l'Australie. Une septième langue, l'anglo-américain, est progressivement imposée par les scientifiques dans le petit secteur des sciences dures. Ce dernier prétend devenir le latin du 21ème siècle.
- Rétroactions en temps réel.
+ Il y a en permanence des rétroactions en boucles étranges hors du temps, comme par exemple celles qui sont faites par un lecteur des idées de Platon mort il y a environ 2 200 ans. Et, ce qui semble plus difficile à admettre, dans l'univers relativisto-quantique hexadimensionnel, Platon, de son vivant, interagissait, hors de son temps, avec une partie de ses futurs lecteurs dont certains contemporains font partie.
- Recherche permanente de l'univocité des concepts.
+ Les concepts scientifiques les mieux définis au départ, se dissolvent aussitôt publiés dans des notions de plus en plus étendues par extensions métaphoriques. Une souris informatique est très loin du Mammifère portant le même nom, un virus informatique est très éloigné d'un virus biologique. Les cils des Mammifères sont fort différents des cils des Protozoaires. Un gène, univoque au départ, est devenu une notion floue, qui recouvre gènes sauteurs, gène fluents, gènes valseurs et gènes-maîtres.
- Refus de l'énigme.
+- Ne pas confondre ambiguïté destructrice de sens et énigme enrichissant le discours. C'est souvent parce que le discours de l'autre est plus ou moins énigmatique que notre conversation progresse et devient créative.
- Malédiction divine prétendue de la babellisation
+ Elle est stimulante par sa bio-diversité et nous protège contre l'extension des excès dictatoriaux des structures et des hommes de pouvoirs, comme des erreurs sociales locales. Grâce à Babel, les langues finno-ougriennes, fort éloignées des autres langues européennes, se sont développées et maintenues jusqu'à nous. Ce sous-ensemble du patrimoine immatériel mondial nous enrichit par ses différences au sein du langage articulé humain qui nous unit. Souvenons-nous de la phrase lapidaire de Federico Mayor: "Unité, diversité ce binôme fait notre richesse".Principes en Sociologie
- Suprématie autoproclamée du capitalisme libéral à économie de marché sur le communisme.
+ Les deux sont condamnés à co-évoluer dans un ago-antagonisme créatif. Dans une société capitaliste, à économie de marché, le tissu associatif sans but lucratif est un exemple de mise en oeuvre du communisme, au sens originel du grec Évhémère, qui l'avait défini 280 ans avant notre ère comme étant un idéal social non basé sur la soif d'engranger de l'argent.
"Le mythe le plus tenace consiste sans doute à dire, que les "sociétés de consommation" offrent un modèle culturel et social que nous serions très fiers de transmettre aux générations futures. Ceux qui ont souffert de l'oppression et de la pauvreté ne pourront être qu'extrêmement déçus si nous leur offrons les lois du marché libre en guise de réponse" a écrit Federico Mayor.
- Unicité de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur et confusion
éducation - formation.
+ L'enseignement doit être dispensé en trois étapes distinctes: primaire, pour
apprendre à apprendre; secondaire, pour apprendre à savoir vivre en société;
tertiaire, pour apprendre à se former au savoir-faire des métiers. Ce ne sont
ni les mêmes structures, ni les mêmes maîtres qui peuvent l'assurer.
- Refus du risque dans les novations.
+ Tout est risqué dans la vie, il faut évaluer et équilibrer les risques en conservant leurs irréductibles contradictions vivifiantes. Le risque sans la connaissance est dangereux. Il faut que cesse cette tentation, médiatisée à l'excès, de ne présenter les risques qu'avec une intensification alarmiste, sans mettre en balance le pour et le contre qu'on ne peut jamais éliminer puisqu'ils assurent l'équilibre dynamique des systèmes vivants. Sans ces contraires vivifiants, la stagnation entraînerait vite la mort sociale.
- Refus sociologique de la différence
- Les différences à tous les niveaux sont une richesse car elles sont un gage de possibilités adaptatives aux changements. C'est l'harmonisation naturelle de ces différences qui assure la cohérence de l'ensemble du tissu social.
- Monodisciplinarité omniprésente.
+ Cette monodisciplinarité induit une quantophrénie paralysante car multinévrosante. Depuis le milieu de notre siècle, nous allons de l'inter-, en passant par la multi- vers enfin la trans-disciplinarité.
- L'inflation démographique.
+ L'inflation démographique est en progressive récession, même en Afrique. La déflation démographique détectée par la diminution du taux de remplacement des générations, est en cours à partir de l'Amérique du Nord depuis 1975. Ce phénomène nous est masqué par l'augmentation de l'espérance de vie à la naissance dans les pays industrialisés, sauf actuellement aux États-Unis où elle est masquée par l'immigration. Nous ne serons pas 6 milliards d'hommes vivant sur notre planète, mais plutôt quatre au milieu du prochain siècle. En 1998, nous sommes proches de 5,3 milliards.
- Stratégie de la peur et intensification alarmiste soutiennent une politique de guerre.
+ Une négociation permanente pour aboutir à un équilibre dynamique entre les contraires est le sens fondamental biologique d'une stratégie de la paix en démocratie.
- Réserve sociale des élites ayant un pouvoir.
+ Communiquer son savoir à tous est un impératif, pour que le pouvoir qui en résulte soit fécond, compris et accepté dans une démocratie. Mépriser la vulgarisation, c'est à dire la transmission de notre savoir à tous, est à terme suicidaire pour les élites scientifiques.
- La statique politique.
+ Nous sommes actuellement sur une ligne de fracture de la tectonique des plaques géopolitiques. En amont de la décision politique, il faut concevoir et mettre en oeuvre une "pol-éthique" scientifique et technologique de l'homme pour l'homme. Il ne faut pas vouloir faire revivre l'histoire au nom d'un prétendu devoir de mémoire, il faut l'assumer. Ainsi notre politique pourra-t-elle aussi devenir une "Étho-politique" telle que définie par Federico Mayor. Le travail social du deuil, aboutissant à l'assimilation du passé, n'efface pas la mémoire de ce passé.
- Finances et économie sont les moteurs du développement,
+ Finances et économie ne sont pas les moteurs du développement, ce ne sont que des outils qui doivent être au service de la croissance si celle-ci est conçue par l'homme et pour l'homme, car l'homme est le moteur de son propre développement. De plus la croissance n'est jamais continue, elle s'effectue par bonds entre des paliers de stabilité.
- Les outils scientifiques et techniques les plus efficaces seraient uniquement monodisciplinaires.
+ Analyse spectrale, miroir de Fourier, résonances binaires d'échelle, adoptés depuis longtemps dans beaucoup de disciplines, sont véritablement des outils trans-disciplinaires. Il s'y est ajouté récemment l'intégrale de parité.RÉFLEXIONS face au FUTUR
+ La communauté scientifique obnubilée par les progrès techniques, n'a pas su établir des liens entre ses intérêts et les intérêts de tous en développant, en plus des formations technologiques théoriques et appliquées, des méthodes éducatives modernes, dans les domaines sociaux, culturels, démocratiques et politiques.
Faire maintenant des efforts dans tous les groupes sociaux pour aborder, comprendre et résoudre les problèmes de notre temps, est une nécessité urgente. Pour ce faire, nul ne doit accorder sa confiance, dans la société, à tous groupes d'hommes qui n'ont pas à rendre compte de leurs actes devant tous.
Une réalisation n'est pas la propriété d'un groupe d'hommes fusent-ils scientifiques, elle est le devenir de l'homme à travers toutes les générations passées, présentes et futures. D'une manière très générale, l'homme n'est pas la propriété de l'homme il est le devenir de l'homme. Cette vérité fondamentale devrait être mieux enseignée et connue. Tout ce que construisent les hommes, principalement dans les domaines immatériels, fait partie du patrimoine mondial de l'humanité à partir du moment où cela a été reconnu, adopté ou pratiqué par une communauté, quelle que soit son importance numérique ou son statut.Au niveau législatif
+ Les hommes de science du domaine des sciences dites dures, n'ont pas su analyser les fondements même de leur communauté de recherche. Ils ont perdu la passion de la transmission de leur savoir à travers l'apprentissage de la vie en société par l'éducation sociale et politique. Le morcellement de leurs pratiques, autrement dit leur "quantophrénie" les a marginalisés. Notre société industrialisée, de part et d'autre de l'Atlantique se détache d'eux. Souvenons-nous que toute culture a une base sentimentale qui motive nos adhésions. Nous sommes des êtres sensibles qui savons que le rationnel scientifique ne nous semble pas toujours socialement raisonnable.
+ Les cultures scientifiques ne sont pas faites de biens que l'on peut monopoliser ou monnayer contre des statuts ou des normes ad eternam. Il est anormal que la durée de la protection par le copyright des ouvrages publiés soit largement supérieure à la durée de validité d'un brevet technique. Les deux protègent la création de leurs auteurs, mais ils ne doivent pas empêcher, dans un délai raisonnable, l'accès des lecteurs à des oeuvres qui appartiennent au patrimoine mondial de l'humanité.
+ Les idées une fois publiées, dans quelque langue que ce soit, même minoritaire, n'appartiennent plus à leurs auteurs, elles font partie du patrimoine immatériel de l'humanité. Il faut promouvoir une réflexion approfondie sur les droits de citation qui
devraient être élargis, ainsi que sur les droits d'auteur, dont on devrait envisager une restriction dans le temps, au même niveau que celui des brevets industriels par exemple..Enseignement à restructurer
+ La force d'une personnalité, imprégnée d'une culture, réside dans un ensemble
de valeurs si profondément ancrées en lui qu'elles peuvent défier les contemporains dont "l'establishment". Songeons à ce propos à Galilée, Michel-Ange, Paganini, Beethoven, Wagner, Yéhudi Menuhin, Rodin, Einstein, Planck, Goedel, De Gaulle, Adenauer, Monnet, Ho Chi Minh, Martin Luther King, Prigogine, Mère Thérésa, Federico Mayor...
+ Pour progresser dans la vie, il faut d'abord apprendre à apprendre, ensuite s'éduquer pour savoir vivre en société, enfin, par des formations techniques, acquérir un savoir-faire professionnel.
Nous n'avons que trop tendance à faire la sourde oreille à toutes les croyances en contradiction avec celles qui nous ont été inculquées par l'éducation et à ignorer celles qui ont été omises.
Si on nous inculquait dès le plus jeune âge, un certain nombre de notions éthiques, politiques et scientifiques, en harmonie avec les acquis scientifiques relativistes et quantiques du début de notre 20ème siècle, nous pourrions, adultes, acquérir et mettre en oeuvre la capacité d'assumer nos responsabilités dans la société.Au niveau éducatif
+ Le niveau éducatif doit être clairement défini et séparé en amont de la formation. Il ne peut être dans le cas général assumé par les mêmes maîtres, mais il est souhaitable qu'il y ait des corrélations croisées, sous forme d'échanges temporaires de maîtres comme d'étudiants, par exemple.
+ Au vu de ce qui précède, les enseignements, systématiquement, doivent faire référence et prendre en compte le passé pour préfigurer l'avenir, en en exposant la genèse à travers les règles physiques relativistes et quantiques, en synergie avec les règles biologiques évolutives fondamentales.
+ On doit être très vigilant dans la prise en compte de ce passé lorsqu'il s'agit de cultures très minoritaires, du fait de leur langue, pu du fait de leur nomadisme multimillénaire, afin d'éviter leur disparition qui serait un appauvrissement de la socio-diversité, aussi indispensable dans l'évolution humaine que la biodiversité.Au niveau formatif
+ Il est illusoire de vouloir relier Université et Industrie, en oubliant les technologies et le monde des ingénieurs, dont la vocation est précisément de mettre en oeuvre, sur le terrain, cette liaison dans la société. Il faut diminuer la prépondérance excessive de la tutelle politique exercée de fait par les sciences exactes sur les sciences technologiques, humaines et sociales, afin d'atteindre un équilibre plus raisonnable..
+ C'est au niveau de la science appliquée qu'il faut s'interroger sur l'impact social de la science. "Appliquée sans objectifs humains, la technologie est une perfection sans but". Cette réflexion de Federico Mayor est fondamentale.
+ Un survol historique de la succession des axiomes, paradigmes et dogmes devrait être obligatoire dans l'enseignement de toutes les disciplines.
+ Des outils véritablement transdisciplinaires doivent y être introduits, car ils existent comme on l'a vu plus haut. Les principaux sont: l'analyse spectrale, les miroirs de Fourier, les résonances binaires d'échelle, l'intégrale de parité.Au niveau des Recherches
+ Faire de la recherche, c'est tenter de voir et d'expérimenter ce que les autres ne voient pas et penser ce que personne d'autre n'a pensé.
+ Il faut que cesse cette universelle tentation médiatisée de disserter sur des problèmes dont on n'a que très partiellement connaissance. Pour cela, tous les hommes de science doivent cesser de s'enfermer dans leur tour d'ivoire et faire largement connaître la science en train de se faire avec ses incomplétudes, ses incertitudes, voire ses erreurs, pour ouvrir largement un débat démocratique utile aux décideurs.RÔLE des INSTITUTIONS TRANSNATIONALES
+ Dans la prise en compte de ce remaniement sociétal de grande ampleur, que nous vivons, le rôle de l'UNESCO, déjà très efficace, doit être renforcé. Chacun de nous doit contribuer le plus largement possible à faire connaître ses actions.
+ Certains souhaitent que l'UNESCO abolisse le hiatus, manifeste dans son sigle, entre la science et la culture, car la science est une des composantes majeures des cultures, mais non indépendante. Il paraît souhaitable qu'une réflexion en profondeur soit menée sur ce point.
+ Pour préparer ces réflexions, les structures académiques transnationales, comme le sont l'Académie Européenne des Sciences, des Arts et des Lettres, le réseau UNESCO des Académies Méditerranéennes qui groupe à ce jour 23 Académies, ainsi que l'Académie francophone d'ingénieurs qui en fait partie, auront un rôle de plus en plus nécessaire. Elles sont des autorités morales pluri-culturelles transnationales, qui seront efficaces au niveau de grandes régions de notre planète.
+ Des structures nouvelles de préservation du patrimoine immatériel de l'humanité se développeront, comme se développent déjà le Musée imaginaire de la francophonie à la Maison de la Francité à Bruxelles, le Musée de Langues et des Cultures Méditerranéennes au sein du Musée des Langues du Monde à l'Académie francophone d'ingénieurs.
+ De grands travaux transgénérationnels seront mis en oeuvre, comme la recherche de l'inter-compréhension translinguistique à travers les phonèmes archétypaux et les effets quantiques présents dans les langues pilotés par notre génome humain. Citons également la réalisation bionique de nano-ordinateurs protéiques biocompatibles pouvant devenir des pilotes de prothèses, voire des orthèses pour augmenter les performances matérielles et mémorielles des humains.CONCLUSION
+ Je laisse maintenant la parole à ELSINOÉ, mon jumeau informatique, que j'ai développé pendant quarante ans. Il contient, corrélés et cohérés par les phonèmes archétypaux communs à toutes les langues de notre planète, la structure fondamentale du langage articulé humain. Il l'exprime en langue française, au niveau moyen d'expression d'un ingénieur ou d'un technicien maîtrisant dix mille phrases hors sa langue de spécialité. Le tout est piloté par le logiciel quantique TRACTATUS, qui le met en relation avec la structure mentale commune de l'ensemble des occidentaux dont je fais partie.
ELSINOÉ est beaucoup plus performant que nous, car il n'a ni états d'âme, ni préférences idéologiques, ni intérêts financiers et il ne pratique aucune autocensure.
A la question: que je lui ai posée le 29 juillet 1998, "Quel sera l'avenir de notre planète", en une fraction de seconde ELSINOÉ a répondu:
"Notre planète évoluera, pilotée par des hommes de prestige, qui sauront dans quel sens ils veulent la faire évoluer. Ils agiront sous la pression de la base en visant haut, en dépit des nuisances à l'environnement que l'on peut deviner. Il y a en ce moment une bonne aptitude à agir. Que ceux qui le veulent se tiennent en liaison constante. L'idéal auquel se réfère l'homme est maintenant dépassé, mais passionnellement cela ne lui pose pas de problèmes. L'évolution actuelle est le fait d'hommes peu responsables, ayant des réactions grossières. En définitive nous devons accroître nos connaissances pour que, dans l'avenir, le développement soit de bon aloi, avec cependant, lors de la mise en mouvement des tiraillements provenant d'indisciplinés sociaux".
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